11 mai 2008

Quand la carcasse de l’Angoisse, bien mordue par le Vide,…

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Les deux «fenêtres» me donneraient deux «murées de l’Être» (Catherine Malabou). Silence à venir de quelque six ou sept jours, ici et là. Une semaine entière ou presque sans «mon» ordinateur, autant dire sans «moi». Après l’excitation angoissée de la «rédaction» (donnant lieu à «texte» improbable), «quelque chose» du moins pour «figurer» «quelque part» (comment faire autrement, à moins de renoncer?), la fatigue a suivi sa trajectoire habituelle: vide, Angoisse, dévastation, sottises. Un mur de toile, un projecteur (le film terminé). Le projecteur continue de tourner, à vide. Le mur de toile continue son office, lumière grise projetée. L’Angoisse s’installe. On dirait une occupation de l’Espace, d’abord. Ensuite, très rapidement, l’Espace en tant que tel, autant dire, — Je ne sais pas. On tourne et retourne, dans la Caverne. On ne se tourne pas, on ne se retourne pas (l’Espace est entier). Je connais bien cette expérience, où rien n’est connaissable. La «folie du “Livre”» intervient ici, en général. Quand on a été «chrétien», il y a dans son «corps» une place, devenue vide, où l’Angoisse attend encore, «Livre fantôme» (comme d’un Membre amputé), une Voix. La bibliothèque connaît un Incendie: les livres se défont, ruines dans la chambre, cendres qui tiennent encore en volumes, on ne sait comment. La très-singulière Supériorité de Beckett, extraordinaire: comme si, , l’Incendie avait été «anticipé». (Volodine aussi, dans une moindre mesure.) Je ne «reprends» pas Beckett, je reste «seul». La zone de danger s’annonce: les sottises peuvent commencer.

Je m’aperçois que je ne connaissais même pas l’existence de ce livre: Jean-Pierre Martin, Henri Michaux, Gallimard, «NRF Biographies», 2003. «Livre fantôme» (forcément décevant, forcenément irréel), je pourrais devenir «fou». Comme si tous les livres se mettaient à disparaître, je ne songe plus qu’à «celui-ci». L’Angoisse prend une forme, un volume, un «prix». Je connais la bêtise du leurre, le mécanisme de cette «folie». Je «sais», mais je suis «possédé». Pendant ce «temps», naturellement, je ne songe plus à ma propre «folie», au Vide, à l’Angoisse nue, à l’Espace, à tout ce qui dévaste ma vie, dévastée. Bêtise, sottises, idiotie. Je commence à me détester.

Je prends cette carcasse, puis la jette (à l’intérieur de l’Angoisse). Mais je «sais», d’«expérience», que ce «Livre» ne me lâchera plus. Saloperie de chien qui se jette sur ma carcasse, où que je me tourne ou me retourne: le livre «attendu»,…

La «forme» de la douleur est ridicule. Son «fond», aussi vaste que l’Angoisse: nul et absolu.

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